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Questions
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Les Docteurs de l’Église ont-ils parlé de l’islam?

Comme l’islam date du 7e siècle, les Docteurs de l’Église n’ont pu s’exprimer à son sujet qu’à partir du 8e siècle. Citons, par exemple, 3 Docteurs canonisés :

- Saint  Jean Damascène (Jean de Damas), né environ 40 ans après la mort de Mahomet (570-632) ;

- Saint Thomas d’Aquin, au XIIIe siècle ;

- Saint Alphonse de Liguori, au XVIIIe siècle.


1. Saint Jean Damascène (Jean de Damas) (675-749)


Il est à la fois Père de l'Église et Docteur de l’Église. Il naît dans une famille chrétienne arabe de Damas. Il devient moine et est ordonné prêtre en 735. L'iconographie le représente avec un turban, car il est d'origine arabe et connait la langue arabe. Il traite de la religion des Ismaélites, c'est-à-dire l'islam. Son traité est l'un des premiers écrits chrétiens sur l'islam, qu’il considère comme une hérésie proche de l’arianisme. Il écrit :

« À cette époque et jusqu’à nos jours, un faux prophète, du nom de Mahomet, s’est levé parmi eux, qui, après avoir pris connaissance, par hasard, de l’Ancien et du Nouveau Testament, et, de même, fréquenté vraisemblablement un moine arien, fonda sa propre hérésie. Après s’être concilié la faveur du peuple, en simulant la piété, il insinue qu’une écriture venue du ciel lui a été révélée par Dieu. Ayant rédigé dans son livre quelques doctrines risibles, il leur transmet cette façon d’adorer Dieu » (Écrits sur l’islam, Paris, Le Cerf, coll. Sources chrétiennes, 383, 1992, 3).


2. Saint Thomas d’Aquin (1225-1274)


Considéré comme l'un des plus grands théologiens, il est canonisé et Docteur de l'Église. Il écrit :

« Mahomet a séduit les peuples par des promesses de voluptés charnelles au désir desquelles pousse la concupiscence de la chair. Lâchant la bride à la volupté, il a donné des commandements conformes à ses promesses, auxquels les hommes charnels peuvent obéir facilement.

En fait de vérités, il n’en a avancé que de faciles à saisir par n’importe quel esprit médiocrement ouvert. Par contre, il a entremêlé les vérités de son enseignement de beaucoup de fables et de doctrines des plus fausses. Il n’a pas apporté de preuves surnaturelles […]. Il a prétendu au contraire qu’il était envoyé dans la puissance des armes, preuves qui ne font pas défaut aux brigands et aux tyrans.

D’ailleurs, ceux qui dès le début crurent en lui, ne furent point des sages instruits des sciences divines et humaines, mais des hommes sauvages, habitants des déserts, complètement ignorants de toute science de Dieu, dont le grand nombre l’aida, par la violence des armes, à imposer sa loi à d’autres peuples.

Aucune prophétie divine ne témoigne en sa faveur ; bien au contraire, il déforme les enseignements de l’Ancien et du Nouveau Testament par des récits légendaires, comme c’est évident pour qui étudie sa loi. Aussi bien, par une mesure pleine d’astuces, il interdit à ses disciples de lire les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament, qui pourraient le convaincre de fausseté » (Somme contre les gentils, Livre 1, Ch. 6).


3. Saint Alphonse Marie de Liguori (1696-1787)


Alphonse de Liguori est canonisé et Docteur de l'Église. En 1950, Pie XII lui attribue le titre de Patron des confesseurs et moralistes.

Il parle de l’islam dans son livre : Les vérités de la foi.

« 1. Voyons d'abord les qualités de Mahomet, fondateur de cette religion, ou, pour mieux dire, de cette secte infâme, qui a été cause de la damnation d'un si grand nombre d’âmes. Il eut quelques dons naturels, […] mais il fut dominé par le vice de la concupiscence; c'est pour cela qu'il eut environ 15 femmes et plus de 24 concubines, en feignant que Dieu lui en avait donné la permission, car il ne permettait pas aux autres plus de quatre femmes ; ensuite, dans son alcoran (le coran), il fait consister la plus grande partie du bonheur éternel dans les plaisirs des sens. Il fut aussi très orgueilleux, ce qui quelquefois le rendit cruel.

2. […] Le coran est écrit en langue arabe pure, avec élégance, et avec une affec­tation prophétique. Il y a des sentences, des histoires et des exhortations.

. aux sentences appartiennent les lois […]  ;

. aux histoires, appartiennent en grand nombre les récits, dont une partie a été tirée des livres saints, mais altérée, et une autre partie tirée de livres apocryphes, et spécialement du talmud des Juifs ;

. aux exhortations appartiennent les invita­tions à la religion nouvelle, à la guerre pour la défense de cette religion, aux prières et, aux aumônes, en menaçant les transgresseurs des peines de l'enfer, et en promettant les délices du paradis aux fidèles observateurs […].

3. Les mahométans disent que le coran n'a été composé ni par Mahomet ni par d'autres personnes, mais seulement par Dieu, qui l’a donné à Mahomet. Ils ne débitent que des rêveries ineptes, en parlant de la manière et du temps où le coran a été donné.

. Il y en a qui prétendent que le coran a toujours été, depuis l'éternité, devant le trône de Dieu, sur une table, où l'on voyait écrit le passé, le présent et l'avenir ;

. d'autres disent que ce livre descendit du trône de Dieu, pendant une nuit du mois de ramadan, dans laquelle nuit, ils supposent que Dieu dispose de tout ;

. d’autres, que l’ange Gabriel révéla à Mahomet tout ce qui était écrit dans le coran ;

. d'autres, que Mahomet rece­vait, de temps à autre, quelques vers, qu'il faisait con­server dans une caisse, et mille autres sottises sembla­bles.

Au reste, dans les exemplaires que nous avons aujourd'hui du coran, on y voit plusieurs leçons qui différent entre elles. […]

4. Pour ce qui regarde la théologie du coran, ce livre est rempli d'un fatras confus de fables, de pré­ceptes et de dogmes absurdes, excepté ceux qu'on a tirés de la loi hébraïque, et chrétienne. […].

5. Il y a dans le coran bien des choses indignes de Dieu. […]

. Dans la sure 56, Mahomet dit que Dieu lui a permis de violer un serment ;

. dans la sure 43, qu'il lui a donné la permission d'avoir commerce avec toutes les femmes, mème les femmes mariées et ses propres paren­tes. […]

6. On trouve une infinité de contradictions dans l’alcoran :

. dans la sure 11, il appelle Jésus-Christ, esprit de Dieu, et son messager ; ensuite il nie qu'il soit Dieu, et dit que Jésus n'a pas été crucifié; mais qu'à sa place, on a crucifié un autre homme qui lui ressem­blait ;

. dans la même sure, il dit que chaque homme, ou juif, ou chrétien, sera aimé de Dieu et se sauvera, quoiqu'il abandonne une religion pour une autre, pourvu qu'il adore Dieu, et qu'il agisse en honnête homme ; mais dans la sure 3, il dit que les mahométans se damneront s'ils abandonnent leur loi ;

. dans la sure 20, qu'on ne doit forcer personne à la foi ; et dans la sure 9, qu'on doit tuer les infidèles ;

. dans la sure 2, il dit que chacun peut se sauver dans sa propre religion […], mais dans la sure 3, il dit le contraire.

Les mahométans avouent ces contradictions, mais ils disent que c’est Dieu lui-même qui s'est rétracté.

7. […] Le paradis que le coran promet est un paradis […] où il n'y a d'autres plaisirs que la sensualité. Il dit qu'il y a deux jardins riches en arbres, en fontaines, en fruits et en femmes; que chacun aura dans le ciel autant de femmes qu'il en aura eu dans ce monde, et que les autres seront des concubines […].

Il défend expressément de disputer sur l’alcoran et sur les écritures saintes en disant (sures 22 et 29) que c'est un précepte divin. Et c'est avec beaucoup de sagacité que cet imposteur a donné un tel précepte ; car toute la force de sa loi consiste dans l'ignorance. » (Œuvres complètes, t. 17, 3e partie, ch. 4, 1856, Paris, Parent-Desbarres, p. 365-372).


Commentaire


Lors du concile Vatican II, l’Église distingue musulmans et islam :

"L’Église regarde avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes."

Le texte ne mentionne pas le nom de Mahomet ni sa qualité de prophète de l'islam et indique que les musulmans honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l'invoquent avec piété (Nostra Aetate, 3, 1965). Cf. à ce sujet, Chrétiens et musulmans, Marie porte de l’unité, Avignon, Docteur angélique, 2018.


D’une façon générale, dès le 1er siècle, l’évangile selon Saint Jean montre qu’il faut se garder des faux prophètes :

"Ne vous fiez pas à tout esprit, mais éprouvez les esprits pour voir s'ils viennent de Dieu, car beaucoup de faux prophètes sont venus dans le monde."

Celui ou celle qui confesse Jésus est le Christ, venu dans la chair pour notre salut, est dans la vérité et sera sauvé :

"Tout esprit qui confesse Jésus Christ venu dans la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n'est pas de Dieu ; c'est là l'esprit de l'Antichrist" (1 Jean 4, 1-3).

"Qui est le menteur, sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ ? Le voilà l'Antichrist ! Il nie le Père et le Fils. Quiconque nie le Fils ne possède pas non plus le Père. Qui confesse le Fils possède aussi le Père" (1 Jean 2, 22-23).

"C'est que beaucoup de séducteurs se sont répandus dans le monde, qui ne confessent pas Jésus Christ venu dans la chair. Voilà bien le Séducteur, l'Antichrist" (2 Jean 1, 7).





  

De gauche à droite, trois Docteurs de l'Église :

saint Jean de Damas, saint Thomas d'Aquin et saint Alphonse de Liguori